ZSM, LPO, Biodiv’sports, un exemple de quelques termes à connaître en tant que via-ferratiste
Je pense que la plupart des via-ferratistes sont des amoureux de la montagne et de la nature dans son ensemble. Avec un grand respect pour la faune, la flore et la biodiversité en général. Mais malgré nos bonnes intentions, avec notre passion on peut parfois passer à côté des certaines informations importantes ou manquer de sensibilisation.
Vous remarquerez peut-être des zones oranges sur certaines via ferrata dans la carte interactive, ce sont les zones sensibles sur les via ferrata. Certaines sont soumises à des fermetures temporaires, d’autres non. Dans tous les cas, il est important de les connaître.
Je vais ici vous parler des via ferrata concernées par ces zones de protection, quels sont les espèces et à quelles périodes il faut ne pas grimper pour maximiser leurs chances de reproductions déjà fragiles, et qui sont les acteurs de la protection de la faune et où se renseigner.
Le but de cet article est de partager les bonnes pratiques à adopter sans entrer dans tous les détails scientifiques, parce que je ne suis pas le mieux placé pour en parler, mais il me semble normal d’adapter notre petit plaisir au respect de la nature.
Comme je le disais plus haut, les via-ferratistes sont pour la plupart respectueux ou déjà un minimum sensibilisés, mais peut-être que toi qui lis cette page, tu es un-e futur-e pratiquant-e qui se renseigne pour essayer cette activité ultra cool en ayant vu de belles images sur les réseaux sociaux par exemple, et pas du tout au courant de tout ça, et c’est tout à fait normal parce que ça fait partie des choses qu’on apprend en pratiquant avec le temps et en voyageant dans plusieurs régions de France.
Quelles sont les espèces menacées ou protégées sur certaines via ferrata en France ?

Le Gypaète Barbu
L’un des plus grands vautours d’Europe et l’une des espèces les plus menacées.
Période sensible: Novembre à Août
Via ferrata concernées: Andagne à Bessans / Les Plates de la Daille à Val-d’Isère
Photo : © Emile Barbelette
Le Faucon Pèlerin
Rapace le plus rapide au monde avec une vitesse en piqué qui peut atteindre 390 km/h, cette espèce est protégée.
Période sensible: Février à Juin
Via ferrata concernées: Le Roc d’Anglars à Saint-Antonin-Noble-Val / Le Ragardoir au Lac de Vouglans / Jacques Revaclier à Présilly
Photo : © Christian Aussaguel


Le Grand-duc d’Europe
Le Grand-duc est le plus grand nocturne d’Europe.
Période sensible: Décembre à Août
Via ferrata concernées: Le Roc d’Anglars, La Roche à l’Agathe à Thônes / Les Gorges de la Sioule à St-Rémy-de-Blot
Photo : © Christian Aussaguel
Le Crave à Bec Rouge
Il est protégé notamment dans le Parc National des Cévennes.
Période sensible: Mi-Mars à Mi-Juin
Via ferrata concernée: Le Boffi à Millau.
Photo : © Régis Descamps


Le Faucon Crécerelle
C’est le rapace le plus abondant en France mais qui reste sous protection.
Période sensible Février à Juillet
Via ferrata concernée: Un chemin d’échappe sur la via ferrata de la Grotte à Carret à Saint-Jean-d’Arvey.
Photo : © Fabrice Croset
Le Vautour Fauve
La population française a failli disparaître.
Période sensible Décembre à Août
Via ferrata concernée: Chironne à Chamaloc (Col de Rousset)
Photo : © Bruno Berthémy

liste non exhaustive
Identifier les ZSM (Zones de Sensibilité Majeure), les zones protégées et les espèces concernées.
C’est quoi une ZSM ?
Calendrier 2025 des ZSM: Elles sont mises à jour le 10 mars 2025, puis le 3 avril, le 5 mai, le 5 juin, le 8 juillet, le 18 août et le 30 août. Elles permettront de tenir compte des observations menées sur le terrain.
Documentation sur les ZSM
La DREAL Nouvelle-Aquitaine a rédigé un dossier sur le principe des ZSM, ce document reprend en détail les mises en œuvre, réglementations et les espèces concernées par les PNA (Plans Nationaux d’Actions).
Biodiv’Sports, un dispositif national de concertation pour concilier sports de nature et espèces sauvages.
Conçu et co-animé par la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux), ce dispositif rassemble des acteurs des espaces naturels et des sports de nature. Il vise à définir et à cartographier des zones sensibles permettant d’offrir la quiétude nécessaire aux espèces sauvages notamment en période de reproduction ou d’hivernage, au regard des pratiques sportives pouvant engendrer un dérangement.
Les données de sensibilité produites dans le cadre de Biodiv’Sports sont visibles sur : www.biodiv-sports.fr. Attention, elles ne sont pas exhaustives.
Notez que certaines données sont toutefois absentes sur Biodiv’Sports, c’est pourquoi j’ai ajouté sur certaines via ferrata dans la carte, les zones où des arrêtés de fermetures ont été pris en période de nidification, exemple La via ferrata du Boffi à Millau dans l’Aveyron ou Le Roc d’Anglars à Saint-Antonin-Noble-Val dans le Tarn et Garonne.
Exemple d’une zone protégée intégrée sur la carte des via ferrata, ici à Saint-Antonin-Noble-Val, le Roc d’Anglars avec la présence du Faucon Pèlerin.
Réglementation et risques pour la perturbation des espèces protégées
Ceci concerne tous les rapaces sur tout le territoire
Dans la directive européenne « Habitats » 92/43/CEE, les mentions suivantes sont mises en valeur :
La perturbation ne doit pas nécessairement porter directement atteinte à l’intégrité physique d’une espèce, mais peut avoir un impact négatif direct. La perturbation est néfaste pour une espèce protégée, notamment parce qu’elle réduit ses chances de survie, le succès de reproduction ou ses capacités de reproduction.
Mais aussi :
Un acte «intentionnel» recouvre également les situations dans lesquelles le résultat n’est pas directement voulu mais où la personne aurait dû tenir compte des conséquences susceptibles de découler de son acte.
La perturbation des espèces protégées nommées par l’arrêté ministériel ici, peut entraîner une amende lors de contrôles aléatoires par les policiers de l’environnement qui sont commissionnés par le Ministère de l’environnement. Ils sont avant tout présents pour sensibiliser sur le terrain.
Il est important de noter que le risque principal reste le déclin de ces espèces fragiles en perturbant les cycles de reproduction.
Transmettre les bonnes pratiques
En s’informant et en se sensibilisant mutuellement, nous arriverons à transmettre les bonnes pratiques. Nous avons assez d’espace et de lieux de pratique pour profiter pleinement de notre passe-temps.

S’informer
Sur les sites de références pour la biodiversité au sens large et ici pour ce qui concerne les via ferrata.
Identifier les zones sensibles
Sur Biodiv’Sports et ma carte interactive
Ne pas grimper en période de reproduction et de nidification
Reportez votre sortie sur les via ferrata sensibles
Partager les informations
Si vous disposez d’informations qui permettent d’aider à la protection des espèces sur les via ferrata, ne les gardez pas pour vous, utilisez les espaces de commentaires sur ce site et partagez vos infos entre passionnés.
Un badge sur le site pour alerter visuellement

J’ai crée ce badge qui permet d’identifier facilement une via ferrata qui se trouve sur une zone sensible. Il est visible rapidement sur les fiches topos des parcours concernés mais aussi dans la carte interactive. Impossible de ne pas le voir.
Où s’informer ? Quelques liens utiles
Voici une liste de différentes structures et sources d’informations utiles à la biodiversité et la pratique des sports de pleine nature :
- LPO : Ligue de Protection des Oiseaux [Site]
- Biodiv’Sports : Carte des zones protégées pour les sports de plein nature [Site]
- OFB : Office Français de la Biodiversité [Site]
- RNF : Réserves Naturelles de France [Site]
- PNRF : Parcs Naturels Régionaux [Site]
- ONF : Office National des Forêts [Site]
- CEN : Conservatoires d’Espaces Naturels [Site]
- PRNSN : Pôle Ressources National Sports de Nature [Site]

